Fins de carrière : le Haut-Commissariat au Plan propose un droit au temps partiel senior
· Aimeric Raynaud
Un rapport d’État qui fait du travail choisi une priorité
En septembre 2026, le Haut-Commissariat à la Stratégie et au Plan (HCSP), né de la fusion de France Stratégie et du Haut-commissariat au Plan, a publié « Choisir son travail demain ». Ce focus est un chapitre de son grand exercice de prospective, « Comment vivrons-nous en France demain ? », mené sous la direction de Clément Beaune.
Le constat de départ est sévère. Pour la première fois depuis 1945, travailler ne permet plus à la grande majorité des actifs d’améliorer leur niveau de vie. La démographie ajoute une contrainte : la population active devrait commencer à baisser entre 2035 et 2040, une situation inédite dans notre histoire. D’où cette conclusion : il faudra « travailler plus longtemps et être plus nombreux à travailler ».
Le rapport pose aussitôt une condition. Cette exigence collective « ne pourra être atteinte qu’à condition de rendre le travail plus soutenable et davantage compatible avec les aspirations contemporaines ».
1 senior sur 4 à 61 ans : ni en emploi, ni à la retraite
C’est le chiffre qui devrait alerter toutes les directions RH. Le rapport reprend une donnée du Conseil d’orientation des retraites : en France, un senior de 61 ans sur quatre n’est « ni en emploi ni à la retraite » (NER).
Ce n’est pas un choix de vie. C’est une sortie subie, le plus souvent pour des raisons de santé ou de handicap.
Le HCSP rappelle aussi que le taux d’emploi des 55-64 ans a presque doublé en vingt ans, mais qu’il reste inférieur à la moyenne européenne (62 % contre 66 %). Son objectif est de ramener le taux d’activité des seniors au niveau de la Suède. D’ici 2035, les seniors porteraient à eux seuls la moitié du 1,2 million d’emplois supplémentaires visés.
La piste : un droit à temps partiel en fin de carrière
Pour limiter ces sorties anticipées, le rapport avance plusieurs propositions concrètes, dont une inspirée des pays nordiques :
« À partir d’un certain âge, les salariés bénéficieraient d’un droit partiel leur permettant de travailler moins pendant l’année, tout en continuant à cotiser sur la totalité de leur ancien salaire. Un modèle “80 % de temps de travail, 90 % de rémunération, 100 % de droits à la retraite” pourrait par exemple être une solution. »
Cette piste figure parmi les trois propositions clés du rapport, avec deux autres mesures :
- un compte épargne-temps universel (CETU), pour adapter son temps de travail aux étapes de la vie, y compris une retraite progressive ;
- un droit à la reconversion de six mois à un an, au moins une fois dans sa carrière.
Le HCSP le précise lui-même : le temps partiel senior devra faire l’objet d’une concertation approfondie entre syndicats, patronat et État. C’est une piste de réflexion nationale, pas encore un droit.
Ce que jobtoo fait déjà, dans les entreprises, dès maintenant
Cette logique nous rappelle furieusement quelque chose. C’est celle avec laquelle jobtoo est construit depuis le premier jour : la multi-activité choisie. Elle permet de construire des fins de carrière soutenables et d’assurer la longévité au travail, plutôt que de subir la sortie.
Concrètement, le collaborateur aménage son poste actuel à temps partiel. En parallèle, il exerce un second métier, choisi librement, appris en formation qualifiante. Il construit ainsi une transition progressive vers une fin de carrière soutenable et s’il le souhaite vers une retraite active.
Nous allons même plus loin que la piste du rapport :
- des paliers de temps partiel plus marqués pouvant aller jusqu’à 50%, adaptés à chaque projet ;
- une logique d’investissement dans l’employabilité plutôt que de compensation salariale ;
- surtout, un accompagnement humain sur tout le projet de transition, et pas seulement un cadre légal.
Ce dernier point compte pour le chiffre des NER. Avoir un problème de santé pour exercer un métier ne signifie pas qu’on est incapable d’en exercer un autre. Changer d’activité peut être la condition pour continuer à travailler, à condition d’avoir été préparé et accompagné.
Les salariés y sont prêts. Notre enquête OpinionWay de 2025 le montrait déjà : 54 % des actifs en fin de carrière aimeraient travailler à temps partiel dans un métier choisi tout en gardant un lien avec leur entreprise.
Ne pas attendre la loi
Le rapport du HCSP le dit à sa manière : un travail plus long ne sera acceptable que s’il est plus choisi.
Ce que l’État commence à formuler comme piste de réflexion nationale, nous le rendons opérationnel dans vos entreprises, dès maintenant.
Source : Haut-Commissariat à la Stratégie et au Plan, « Comment vivrons-nous en France demain ? », focus « Choisir son travail demain », septembre 2026. Chiffre NER : Conseil d’orientation des retraites, rapport annuel 2025.
